Paracétamol et Gouvernement

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Mercredi 30 avril 2014

Le gouvernement envisage d’augmenter la taille des conditionnements de paracétamol 

PARIS, 30 avril 2014 (APM) – Le gouvernement a engagé une réflexion en vue d’autoriser des conditionnements plus grands pour les médicaments à base de paracétamol, ce qui pourrait notamment contribuer à réduire leur coût global, a-t-on appris de sources concordantes.


Le gouvernement a été interrogé mardi par le sénateur (UDI) du Lot-et-Garonne Henri Tandonnet sur sa position quant à la création d’un groupe générique pour le paracétamol, perspective qui inquiète notamment les salariés de l’usine d’Upsa (groupe Bristol-Myers Squibb) à Agen, producteur de la gamme Dafalgan*.


Sanofi, dont le site de Lisieux (Calvados) produit Doliprane*, est également concerné.


Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat en charge de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie, qui répondait au nom de sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, a repris l’argumentation formulée en février par cette dernière, renvoyant le sort du paracétamol au Conseil stratégique de la dépense publique (cf APM GBRBJ004).


Elle a ajouté que l’éventuelle inscription du paracétamol dans le répertoire des génériques dépendait « des résultats de l’analyse des observations transmises par les 36 laboratoires consultés par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). C’est un travail complexe, qu’il faut conduire avec soin, compte tenu non seulement des enjeux de santé publique que cela représente, mais aussi de l’inquiétude des salariés et des élus concernés ».


Elle a assuré qu' »aucune décision sur la générication ne sera prise à court terme ». Elle a indiqué que la négociation engagée entre les industriels et le Comité économique des produits de santé (CEPS) devait se poursuivre « et déboucher sur une baisse de prix plus importante que celle qui a déjà été envisagée. Cette baisse de prix doit être effective au début de l’année prochaine ».


Dans sa question, Henri Tandonnet a mentionné une baisse de prix de 6,7% devant intervenir « pour 2015 », note-t-on.


Laurence Rossignol a ajouté que « le gouvernement est également favorable à ce que cette démarche soit accompagnée d’une réflexion sur la taille des conditionnements ».


En France, la taille des conditionnements de paracétamol est limitée à 8 g (16 comprimés à 500 mg ou huit à 1 g, pour les présentations les plus vendues). Cette limitation est notamment destinée à réduire le risque de tentative de suicide par absorption massive du médicament, susceptible d’entraîner une insuffisance hépatique grave.


Or, d’un point de vue pratique, cela nécessite d’acheter de nombreuses boîtes pour des patients souffrant de douleur chronique (plus de 11 boîtes par mois pour un patient à 3 g/j). En outre, de nombreux pays étrangers ont adopté des conditionnements beaucoup plus importants. Par exemple, au Royaume-Uni, des présentations à 24 comprimés à 500 mg sont proposées. Aux Etats-Unis, des boîtes de 100 unités à 500 mg sont commercialisés.


Des conditionnements plus importants permettraient de faire baisser le coût du paracétamol pour l’assurance maladie de deux façons, a expliqué à l’APM une source compétente.


D’une part, le prix fabricant hors taxe (PFHT) pourrait être tiré vers le bas dans le cadre d’une négociation prix-volume avec les industriels.


D’autre part, la réduction du nombre de boîtes dispensées par les pharmaciens permettrait de faire des économies sur la marge de la distribution, particulièrement élevée (en pourcentage) pour les médicaments à prix bas.


eh/nc/APM polsan

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