Historique

ORIGINES de L’UPRP

Les Chers Confrères pour l’ouverture du site Internet (moyen moderne d’expression), les responsables de votre syndicat m’ayant sollicité pour dresser l’historique de votre syndicat, je vous transcrit le texte intégral retrouvé en consultant les archives qui sont à la disposition de tous au siège social 2 rue Récamier.

Nous avons reçu de Me Henri de Mazières, fils de notre sympathique président honoraire, un travail original sur les Origines de la Société de Prévoyance M. Henri de Maziéres est un chercheur obstiné qui aime a fouiller le passé et à qui nous devons déjà divers renseignements professionnels fort intéressants. Nous nous faisons un devoir et un plaisir de publier; dans ces colonnes, le travail de notre jeune et distingué correspondant.

 CHAPITRE PREMIER

LE BANQUET D’UNION, 1820~1824.

La Révolution ayant supprimé toutes les corporations et ayant même interdit aux hommes de se grouper pour de prétendus intérêts communs (lois du 17 mars et du 14 juin 1791), l’ancienne communauté des apothicaires avait disparu avec toutes les autres.
Quelques pharmaciens de Paris, dirigés par un des leurs, nommé « TRUSSON », dont le nom est aujourd’hui à peu près oublié, se basant sur l’article 300 de la Constitution du 30 ventôse an IV, fondèrent la Société libre des pharmaciens de Paris, dans un but exclusivement scientifique. Ils se contentèrent de réorganiser l’enseignement et de fonder un journal scientifique, le Journal de la Société des pharmaciens de Paris (aujourd’hui Journal de Pharmacie et de Chimie). Ils eurent le courage et le bonheur d’obtenir de la Convention, pour la nouvelle Ecole gratuite de pharmacie, créée par eux, le droit d’occuper les bâtiments et le jardin des anciens apothicaires, rue de l’Arbalète. Les pharmaciens, en échange, s’engageaient à enseigner gratuitement, à tous, les éléments de la chimie industrielle.
Lors de l’organisation officielle d’une école de pharmacie à Paris, sous le Consulat, 15 vendémiaire an XlI, le gouvernement reprit l’école, se chargeant dorénavant de rétribuer les professeurs et de payer tous les frais de l’établissement. Trusson, le directeur de l’école de là Société libre, devint directeur adjoint pour faire place à un directeur choisi par Bonaparte, et qui, du reste, avait une plus grande valeur scientifique, Vauquelin.
La Société libre continua à exister, toujours Comme Société savante à nombre limité, c’est la Société de pharmacie de Paris.
Mais, malheureusement, la concurrence, bien que moins Vive alors qu’aujourd’hui, existait; quelques épiciers, fiers de ce qu’à un moment la Révolution avait déclaré la liberté du commerce, même celui des drogues, vendaient des médicaments.
Les pharmaciens, vivant en général avec peine du produit de leurs modestes officines, ne pouvaient pas se désintéresser des questions matérielles, il fallait s’entraider contre les autres professions et contre le malheur; c’est dans cet esprit que fut fondé le Banquet d’Union duquel est sorti « la Société de Prévoyance ».
C’est le 28 octobre 1820 que le Banquet d’Union a été constitué. Les cinq fondateurs en sont: REYMOND, faubourg Saint-Honoré; DUBLANC aîné, rue du Temple; DUBLANC jeune, rue Sain-Martin ; MOUTILLARD aîné, rue de la Montagne-Sainte-Geneviéve, et MOUTILLARD cadet, rue Saint-Honoré.. Ces pharmaciens rédigèrent des statuts qui furent adoptés, transcrits sur un registre et signés des premiers sociétaires; d’autres noms y furent ajoutés jusqu’en I822 Voici, d’après ces signatures et une liste fragmentaire de sociétaires (ces deux séries se complètent), les noms des premiers adhérents : BATAILLE, BAZIN, BENOIT, BÉRAL, BLONDEAU, CAVENTOU, CHERADAME, COLMET, COUVERCHEL, DAMADE, DELOZIER, DUBLANC aîné et cadet, DUROZIER, FAYARD, FAYNES, FRÈRE, GARNIER, GUIBOURT, HERNANDEZ, JUTIER, LABARRAQUE, LABRICI, LESAGE, MARCHAND, MONBET, MOUTILLARD aîné et cadet, PASSEMART, PITAY, REYMOND, RENARD, RÉQUIZANT, RICHART (faubourg Saint-Martin), BICHÀRD (rue Taranne), ROBIN, ROBIQUET, ROUSSEAU, SERRY-DESCHAMPS, THIBIERGE, TISSERANT, TOUTAIN, – »
D’après ses statuts, le Banquet d’Union des pharmaciens avait lieu quatre fois par an, Je premier mardi de chaque trimestre. La quote-part de chaque convive était fixée à dix francs; lorsqu’un repas n’employait pas entièrement les cotisations, l’excédent était réservé pour un usage ultérieur.
Tout sociétaire ayant un empêchement sérieux pouvait s’excuser trois jours à l’avance, faute de quoi il payait sa quote-part.
Pour être admis, il fallait avoir un parrain et recueillir les deux tiers des suffrages d’une réunion, convoquée spécialement pour les admissions, quinze jours avant chaque banquet. Le nombre des commissaires n’était pas fixé, l’un d’eux était chargé des fonctions de trésorier. –
Telle était l’organisation, assez simple, du Banquet d’Union; ces statuts (en 17 articles) ne demeurèrent pas longtemps sans modification; les absents négligèrent rapidement de payer leur quote-part. Aussi les prescriptions se radoucirent-elles et, dès le 3 juillet 1821, il fut décidé: 1° que l’absence à trois banquets consécutifs équivaudrait à une démission, sauf Si le sociétaire payait après coup le prix du 3e banquet; 2° que la majorité, absolue suffirait pour l’admission.
Le premier banquet (28 octobre 1820) n’eut que neuf convives, mais le suivant (2 janvier –1821) en rassembla vingt-cinq. Par la suite; les chiffres oscillèrent dans les alentours de vingt.
En janvier 1822, pour assurer un revenu fixe à l’association, il fut décidé que l’on verserait 20 francs par tête; au début de l’année, et 5 francs en sus par banquet où l’on assisterait Le premier banquet était revenu à 10 francs par tête; mais les suivants, payés à la carte, ne coûtèrent en moyenne que 7 fr.50 d’ou un léger boni pour les frais d’administration (du reste, peu importants) et les placements de capitaux. Le premier d’entre eux a été effectué à la Bourse du 14 décembre 1822, c’était un titre de rente de 10 francs, à 5 % coté 179.85. C’est l’origine de fa fortune de la Société de Prévoyance, qui dépasse aujourd’hui 250.000 francs.
Le Banquet se continuait, centre de relations amicales, sans hiérarchie, comme une nouvelle Table ronde. (Les noms des commissaires du Banquet nous sont inconnus avant 1826, soit pendant six années.)
Au banquet du 6 juillet 1824, les membres arrêtèrent la formation d’une Caisse de Secours et de Prévoyance entre les Pharmaciens du département de la Seine, et nommèrent une commission chargée de la rédaction du règlement, composée de MM Benoit, Auguste Dublanc(le jeune), Fée, Moutllard, Parra, Raymond et Robiquet.
Le 5 octobre suivant le projet de règlement fut adopté et un comité provisoire constitué. Il se composait de MM. : ROBIQUET, président; BENOIT, vice-président; FÉE, secrétaire; AugusteDUBLANC, secrétaire adjoint; REYMOND, trésorier; F. CADET DE GASSICOURT, CAYLUS, DELONDRE, HERNANDEZ,MARCHAND et PARRA, administrateurs.
L’élection eut lieu au scrutin secret. Nous ignorons les suffrages obtenus par les membres du bureau. Mais nous avons retrouvé, au, dos d’un tableau de présence aux banquets, un pointage, sans date, qui correspond à la nomination des administrateurs.
Voici, à titre documentaire, les chiffres des suffrages : Delondre, 47 voix; Parra, 14; Caylus, 4; Marchand et Hernandez, 11; Cadet, 9; Dublanc aîné et Richard, 7; Moutillard, 6; Colmet et Duroziez, 3. Un pharmacien, nommé Baget, remporta 12 voix, mais il a dû décliner l’offre d’être administrateur, puisqu’il ne figure pas sur la liste des élus.
La Société de Prévoyance était née, le Banquet d’Union décida que son encaisse, 926 fr. 40 serait versée au nouveau groupement.

CHAPITRE II

LE BANQUET D’UNION DE 1824 ~ 1854.

 Du côté de la Caisse de Prévoyance, le Banquet d’Union, moins nombreux mais plus intime, continua à subsister. En avril 1826, il fut décidé que l’admission de nouveaux convives aurait lieu au scrutin, et que trois boules noires suffiraient pour le rejet d’une candidature.

Neuf mois plus tard, nous trouvons que MM. Colmet et Dégenetais étaient commissaires sortants; le premier, trésorier, ne se représenta pas et fut remplacé par M. Baget.
En 1832, l’on décida qu’une somme de 75 francs serait remise à la caisse de Prévoyance comme cotisation de chaque membre du Banquet d’Union qui, par conséquent, ne pourrait admettre à ses réunions que des membres de la Prévoyance.
En 1830, on supprima l’avance de 20 francs payée par les sociétaires au début de l’année, mais on institua une amende de 10 francs pour toute absence sans excuse. La même année en octobre; on résolut de dissoudre l’association et d’employer les 225 francs de solde en un dîner qui aurait lieu en Janvier 1831. Ce dîner, au-lieu d’être un repas d’adieu, resserra les liens entre les convives présents, assez nombreux, qui votèrent la continuation des banquets, réduits à deux par an, un en janvier, à Paris, et un en juin, à la campagne.
Le Banquet d’Union subsista ainsi jusqu’en 1842; les banquets de Paris avaient lieu dans des restaurants très divers, généralement au Palais-Royal (notamment chez Véry et chez Véfour). Les repas champêtres se tinrent au Pavillon Henry IV, à Saint-Germain-en-Laye.
Les banquets, où un public moins nombreux se pressait, dépassèrent le prix maximum d’autrefois 10 francs; ils varient entre 12 et 16, ce qui est élevé pour l’époque. Nous ne connaissons pas le détail des menus; toutefois, nous savons qu’en janvier 1836, un chapon truffé y figurait.
Le dernier banquet dont nous connaissons la date eut lieu le 19 décembre 1842 ; cinq convives seulement y assistèrent: Les noms de ces cinq vaillants méritent d’être – conservés Barreur, Caget, Bernard-Derosne, Dublanc et Marcotte.
Nous ignorons l’histoire du banquet d’Union de 1842-à 1854. C’est seulement à cette date qu’il disparut définitivement. Ceci est prouvé par la décharge donnée par M. Hottot, trésorier (et depuis président) de la Société de Prévoyance, à MM Baget et Reymond, du registre du banquet de la somme de 926 fr. 40, mise depuis trente ans à la disposition de la Prévoyance Le banquet n’existait plus que nominalement depuis quelques années, et ce ne dut pas être sans quelque tristesse que ces deux adhérents des première années, désespérant de réorganiser cette institution amicale qu’ils avaient vue brillante, s’en vinrent chez M. Hotto déposer le registre du banquet d’Union. Mais ils pouvaient au cœur avoir une grande fierté, celle d’avoir fondé une Association qui, depuis trente ans, avait groupé sous sa bannière victorieuse un grand nombre de pharmaciens, je pourrais dire un grand nombre de savants, car à cette époque les professeurs étaient presque toujours des praticiens. –
Le registre du banquet d’Union, coté 2 aux archives de la prévoyance, constitue la source qui nous a permis de reconstituer les origines de cette Société; c’est un cahier in-4°, de 200 pages environ, non numérotées augmentées de feuilles annexées au moyen de pains à cacheter. Le registre est tenu sans aucun ordre, il est commencé aux deux bouts à la fois, des pages blanches s’intercalent dans le texte; Il n’y a pas de procès-verbaux; L’histoire du banquet se trouve à l’état de notes isolées, au milieu des signatures de présence, ou des comptes anonymes du trésorier.

CHAPITRE III

LES DÉBUTS DE LA SOCIÉTÉ DE PRÉVOYANCE, 1824~1829.

C’est le 5 octobre 1824 que le Banquet d’Union a nommé la Commission provisoire de la Caisse de Prévoyance des pharmaciens de la Seine. Nous en avons vu plus haut la composition.
Les procès-verbaux de cette commission, du 5 octobre 1824 -19 juillet 1825, n’existent pas. Nous avons pu conclure de procès-verbaux ultérieurs qu’elle avait fait imprimer et distribuer des règlements et des circulaires.
Le règlement primitif, ainsi envoyé, n’a pu être retrouvé Mais il a existé, différent du règlement annexé en tête du premier registre de la Prévoyance, nous pouvons l’établir par plusieurs délibérations de 1825 et 1826, qui citent des articles qui ne correspondent pas à ceux du premier règlement aujourd’hui connu.
Le chiffre de la cotisation, durant cette période, était fixé à 24 francs par an. Le premier règlement connu (1829) l’arrêta à30 francs
Les premières réunions de là Commission provisoire eurent lieu chez son président, ROBIQUET, et la première assemblée générale (11 janvier 1826) à l’école de pharmacie. Nous n’avons de cette assemblée qu’un compte rendu très sommaire, ce qui est regrettable car le rapport du secrétaire sur la fondation de la Société serait intéressant et nous aurait évité, sans doute, de laisser dans l’obscurité des points intéressants. Le bureau définitif, élu en 1826 se composa de ROBIQUET, président; Pelletier, vice-président; Dublanc jeune et F. Cadet de Gassicourt, secrétaires; Delondre, trésorier; Reymond, Caylus, Hernandez, Marchand et Baget, assesseurs.
Les adhésions étaient recueillies sur un registre porté d’officine en officine par un garçon de l’École de pharmacie. Les cotisations avaient été perçues, par trimestre et d’avance, dès 1825. Ce mode de perception tomba peu à peu en désuétude, et l’on sait qu’aujourd’hui, la cotisation est semestrielle. Déjà, en 1826, vingt sociétaires seulement profitèrent de la liberté de régler par trimestre (dix payèrent par semestre, et quarante-six en une seule fois, en janvier.)
Les premiers conseils de la Prévoyance furent très économes; En 1826, tandis que. L’encaisse n’atteignait pas 2,200 francs; on décida de placer 2.000 francs. La même année, la première demande de secours fut repoussée, le Conseil exprima ses regrets; mais invoqua les statuts qui ne permettaient d’accorder de secours que sur les intérêts des capitaux constitués.
Il y a une lacune, dans les procès-verbaux du Conseil, de mars 1820 à mars 1827. En 1827, il y eut deux assemblées générales: 1° l’une le 15 février, dont j’ai retrouvé le procès-verbal, égaré depuis longtemps au milieu d’autres papiers, et que j’ai remis à Sa place naturelle. Ce fut une assemblée Ordinaire ; 2° une autre, fin mars, dont le procès-verbal n’existe plus, dut être une assemblée extraordinaire: on y a adopté un nouveau règlement.
Il y a encore une lacune des procès-verbaux du Conseil d’avril 1827 à août 1828, lacune interrompue par le procès-verbal de l’assemblée générale d’avril 1828, où l’on modifia encore les statuts.
Les premiers statuts imprimés qui sont parvenus à notre connaissance forment une petite brochure, sans date, mais qui est de 1829. En voici les dispositions essentielles.
Le titre de l’association est : « Société de Prévoyance établie entre les Pharmaciens du département de la Seine ».
La cotisation est de 30 francs, payable par moitié, par semestre et d’avance. Les secours et les frais d’administration ne peuvent être prélevés; que sur les intérêts des capitaux, et ne peuvent être déplacés qu’avec l’assentiment de l’assemblée générale. A la fin de chaque année on lit en assemblée générale la liste des cotisations en retard.
Le Conseil comprend un président et un vice-président nommés pour un an, deux secrétaires, un trésorier et six conseillers nommés pour deux ans et renouvelables annuellement par moitié.
Les premiers statuts devaient contenir à peu près les mêmes dispositions, mais où gît l’innovation, c’est dans la constitution d’une commission permanente, chargée de connaître des contraventions relatives à l’exercice de la pharmacie. Cette commission se réunit une fois par mois, à la suite de la séance du Conseil, elle se compose de sept membres élus en assemblée générale, et n’appartenant pas au Conseil. Ils nomment leur bureau dans leur sein. Toute décision n’est exécutoire que Si elle obtient la signature de cinq commissaires.
Pour la défense des intérêts professionnels cette Commission dispose au maximum, du tiers des cotisations. Elle exista longtemps a côté du Conseil, et a fini par se fondre avec lui.
Dès 1829, nous trouvons donc « La Prévoyance » avec l’ensemble de ses fonctions: la défense des intérêts professionnels, et le secours apporté au malheur. Nous n’oserons pas entreprendre d’en faire l’historique, il nous suffit d’avoir indiqué les circonstances qui ont accompagné la naissance de cette institution qui est la plus importante des Sociétés pharmaceutiques françaises.

APPENDICE

LA SOCIÉTÉ DE PRÉVOYANCE DES PHARMACIENS DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE, 1819

Nous avons trouvé aux archives de la -« Société de Prévoyance »
– une pièce unique émanant de la « Société des Pharmaciens du département de la Seine. C’est un exemplaire des statuts, suivi d’un grand nombre de signatures. Nous allons nous borner à en donner une analyse, ignorant que nous sommes aujourd’hui des préliminaires de la fondation de cette Société, et des événements qui ont amené sa rapide disparition.
« Cette société se donnait pour but de rendre à là profession pharmaceutique toute la considération qu’elle méritait et de faire disparaître les abus auxquels elle était en proie. Elle comprenait en outre une caisse de secours mutuels et de prévoyance.
A partir de 1820, elle devait tenir quatre assemblées générales, auxquelles la présence était obligatoire en principe. La cotisation fixée à 25 francs, devait être versée en une seule fois.
L’administration devait comprendre un président, en fonctions pour un an; un vice-président, dont le mandat était d’égale durée, et qui devenait ensuite président de droit, un secrétaire général, un trésorier, et dix conseillers nommés pour deux ans, et un secrétaire particulier pour un an. Nul n’était rééligible à un poste quelconque qu’un an après la fin du mandat précédent.

Le Bureau nommé le 24 décembre 1819, réuni à la Commission de dix membres nommée le 6 décembre précédent, en assemblée générale préparatoire, devait constituer le Conseil pour 1820.
Le Conseil doit recevoir les plaintes formulées au sujet de contraventions aux lois et règlements sur l’exercice de la pharmacie, et organiser la répression en s’adressant à l’Ecole ou à l’autorité; les trois quarts des recettes annuelles seront placées. La Société peut disposer d’une partie de ses revenus pour ses frais d’administration : loyer, chauffage, éclairage, etc.
Le Conseil pourra décerner des prix pour la solution des questions relatives au commerce, et des récompenses aux élèves. Les sociétaires s’engagent : 1° A n’avoir qu’un apprenti à la fois, ayant fait de bonnes études antérieures, et expliquant bien les auteurs Classiques ; 2° a ne faire connaître les médicaments nouveaux par eux découverts ou composés que par les seuls journaux de médecine, chimie on pharmacie; 3° A ne faire annoncer aucun remède secret, même par placard, à ne pas faire d’épicerie ni de médecine, même s’ils étaient possesseurs de diplômés médicaux; 4° A inscrire leurs noms sur leurs Officines et sur leurs étiquettes, et à ne s’approvisionner que chez le droguiste ne faisant pas le détail.
Cessera de faire partie de la Société tout membre qui, vendant son fonds, en établirait un nouveau.
Tels sont ces statuts, signés il y a plus de quatre-vingts ans, et, que certains détails feraient prendre pour des décisions toutes contemporaines, Ces engagements devaient être tenus par les Sociétaires, mais c’est autour d’eux que la presse et les Congrès pharmaceutiques se bataillent encore. Les maux n’ont pas changé de nature, s’ils se sont aggravés; j’avouerai que lorsque j’ai lu ces statuts, résumés ci-dessus, j’ai Cru un instant à un rêve, mais l’antidate était impossible. Les chiffres de 1819 et de 1820 reviennent à plusieurs reprises dans ces statuts, et sur les 152 signatures qui y furent apposées le 27 décembre 1819, j’ai relevé les noms de bien des pharmaciens Morts en 1820 et 1821.
Dans cette longue liste, j’ai noté les noms les plus connus, et ceux des pharmaciens qui, plus tard, devaient être les piliers du Banquet d’Union et de la «Société de Prévoyance ». Voici donc quelques signatures : Derosne, président; Deverneuil, Lefortier, Rousseau jeune, Fee, L.Cadet de Gassicourt, Albespeyres, Caylus, Boudet, Baget, Charlard, De Lalande, Labarraque, Guibourt, Reymond, Thiberge, Pelletier, Moutillard, Richard, Robiquet, Delondre, Dublanc l’ainé, Séguin, Fayard, Parra, Haincques de Faulques, Planche, Hernandez, Marcotte, Moutillard ainé, Duroziez, Dublanc junior? etc,
Cette Société a bien réellement existé, mais quels en furent les fondateurs, quelle en fut la vie et la fin prématurée? Nous l’ignorons. Est-ce à propos d’elle que Dublanc disait dans son rapport de 1827, que nous avons retrouvé: « Il existait déjà chez les nations voisines des Sociétés de prévoyance entre les pharmaciens, avant que Louis Cadet de Gassicourt, notre confrère à jamais regretté, employât l’éloquence de son esprit et de son coeur, à faire ressortir les avantages que ceux de Paris pourraient Se promettre d’une association fondée sur des principes d’économie, de morale et d’humanité. » Les Gassicourt ont occupé pendant cent ans leur pharmacie, celui dont il s’agit ici est le chevalier Charles-Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821), ancien premier pharmacien de Napoléon 1er. Il nous semble que c’est de cette première Société qu’il fut le promoteur, puisqu’il est mort trois ans avant la fondation de la Société de Prévoyance.
Quelle a été la transition entre la Société des Pharmaciens de la Seine et la Société de Prévoyance?
C’est bien du Banquet d’Union que la seconde est sortie; le Banquet fut-il la continuation restreinte de la première, il y a lieu de le présumer. La similitude des noms dans Ces trois groupements, les points communs des statuts nous permettent de l’établir. Les premiers statuts, un peu ambitieux pour l’époque, ont sans doute été un empêchement au succès de la première Société ; il y a en tout ceci un peu de ce mystère dont 1’origine des villes illustres s’enveloppe historiquement.
En tous cas, quelles qu’aient été les évolutions en leurs détails la « Société de Prévoyance » peut inscrire sur une triple banderole les noms de ses illustres fondateurs:
Louis CADET DE GASSICOURT, DEROSNE et ROBIQUET.

Henri DE MAZIERES.

Quelques dates

Vous comprendrez que les pharmaciens Parisiens furent toujours à l’avant garde des combats professionnels, je vous donne quelques dates importantes qui ont conduit au cadre d’exercice que vous connaissez.
1829 création de la commission permanente, qui fait la police médicale et pharmaceutique.
Son premier souci concerne le développement rapide des brevets d’invention, attribué aux spécialités pharmaceutiques industrielles, derrière lesquelles s’abritent charlatans et marchands.
1857 premier Congrès des sociétés de pharmaciens, le 19 octobre à Lyon.
1859 congrès de Rouen, première définition du médicament, premières discussion sur l’utilité de création de chambres syndicales, la société de prévoyance de la Seine s’y oppose.
1870 première participation de la pharmacie à l’union nationale du commerce, ce qui ouvre le portes du tribunal de commerce à notre profession.
1875 nombreuses sollicitation de la part de sociétés de secours pharmaceutique pour que la société de la seine (la plus puissante) se penche sur l’organisation d’une union nationale des sociétés existantes.
1877 création du livre d’or de la société de la seine.
1882 le 12 avril, la société de prévoyance se transforme en chambre syndicale des pharmaciens de première classe de la seine.
1889 le nouveau siège du syndicat de la seine est inauguré, 28 rue serpente (hôtel des sociétés savantes)
1902 on recense 9 pharmacies mutualistes en France.